Travers

2014
Dessins sur papier, 24x30cm

Avec la série Travers, Étienne Hacquin s’inscrit dans la continuité de ses précédents travaux.
Ces dessins sont issus d’un geste répétitif, un agencement, une juxtaposition de formes abstraites. L’artiste reste attaché à des références et à des codes qui nous sont communs. Au sein de cet inventaire d’images, chacun peut trouver une lecture issue de sa propre subjectivité. Les différents objets prosaïques semblent révéler l’ironie de l’artiste vis-à-vis de la banalité de notre quotidien, ses contraintes, son cycle aliénant et oppressant. L’évocation de notre société de consommation et de la recherche du divertissement sonnent comme un avertissement.
Ces représentations désabusées de notre environnement familier interrogent sur l’importance paradoxale des objets qui nous entourent et de ce à quoi nous aspirons. Les notions d’appartenance et de propriété qui régissent notre société sont mises en évidence par des références à l’enfermement et au cloisonnement.
En réaction, l’artiste choisit non pas de représenter les objets mais ce qui les traverse. Il leur enlève toute matérialité, les a tamisés, passés au filtre. Seul le vide est rendu visible par la présence de la couleur. Quand plus rien ne retient, ne contient, une fragilité et une certaine poésie réussissent à se dégager même des items les plus hostiles alors que l’essence du sujet et sa futilité restent présents dans cette esthétique de l’absurde.

These representations question the paradoxical importance of objects surrounding us. The notions of belonging and ownership that govern our society are highlighted by references to confinement and bulkhead. In response, I didn’t choose to represent objects but what passes through them. I removed their materiality, sifted them through the filter. Only the vacuum is made visible by the presence of color. When nothing holds, nothing contains, the consequence is a form of fragility. A certain poetry manages to reach even the most hostile items.